Courbes d’azur

Les accents des foulées sur les pierres, me rappellent au présent de la Terre, ce fragment de l’immense univers.
Crissements tiennent lieu de prières, mots de pierres, de roulis, de poussières, de senteurs, de couleurs, de tonnerre.
A l’intime des courbes m’assure, d’une errance en chemins et murmures, glissements de plaisir perdurent, leste temps d’un présent sans futur.
Cet instant en l’absence des hommes, Toi et moi, rien que nous, sans personne.

Le silence des êtres est étrange, leur tumulte à la nuit se mélange, bruits de vents en des souffles des cimes, entretoises lascives imagine.
Tel arcane en devine la frange, indicible message des anges, trop de cris, trop d’efforts en tous sens, se refuse aux refrains de mes sens.
Mes desseins certes vains se limitent, aux confins de tes reins se délitent. A l’approche incertaine indécise, tes contours sibyllins se précisent.
Cet instant en l’absence des hommes, Toi et moi, rien que nous sans personne.

Vient l’épreuve des corps, des regards sans accord, autarcie d’organisme, assoiffé d’héroïsme. Densités sont si pures en leurs toiles m’attirent, tes effluves natures me délecte et respire.
Empruntée mon approche que limitent souffrances, d’une vie de galoches préférée à tes transes. Là le temps des retours sont propices à confesse, des nouvelles amours éternelles promesses.

Au regard des roches me soumet en substance, les sommets en approche en aimée pénitence. A l’instant de l’extase, mon regard s’embrase. Les chimères s’effacent, de néant nulle trace.
Cet instant en l’absence des hommes, Toi et moi, rien que nous sans personne.

Rien de Sang

J’ai rêvé de nous, de nos jeux, de nos rires, illusoires nonchalances, présumées dès l’enfance. Longtemps le temps, les souvenirs, ont bercé mes espoirs, mes désirs. Mirage de tant d’années, passées à essayer, à appeler, à assembler, cette main décharnée. D’une ivresse tentée, par nos pères espérée, par nos mères rêvée. Ils me regardent et me demandent, si mon coeur erre et s’il s’effondre. Que répondre. Ne changez rien, à ce vide à dessein. Cette lutte inégale, entre moi et les autres, ce combat ancestral. Même sang et rien d’autre.

Greta

Dis-moi ce que tu vois, Toi la Reine du Nord, que nos yeux ne voient pas, résignés à leur sort. Valkyrie en mohair, née de sang et de chair, je te sens, je t’espère, en sauveuse des Mers.

Je m’accroche à tes mots, que génèrent tes peurs, tes appels à nous sots, tes visions de l’horreur. Inutiles quatrains, que tes lèvres traduisent, en un verbe incendiaire, aux gardiens de la Terre.

Ces colosses obtus, obséquieuses statues, aux lumières sourient, en alcôve méprisent. Cette lutte éperdue, que tu mènes à mains nues, sans épée, en guenilles, aux moulins de Castille.

Protectrice du Monde, des oiseaux et de l’onde, je perçois tes augures, en leur sein me rassure. Fais-nous voir le feu, la colère de Dieu, ressentir la douleur, que t’arrache ton cœur.

De ces murs qui brûlent, cette Roche qui hurle, et transforment en cendres, le bleu de notre enfance. Saurons-nous déceler, les visions des yeux tendres, d’une enfant éclairée, aux nations aveuglées.

Je ne sais d’où tu viens, illusion ou destin, utopie boréale d’une valse spirale. En errance sur Terre, paradis de misère, d’une route sans fin, vers les brumes stellaires.

Roger le Grand

Un million de dollars
Offerts pour les siens
Gains en 2009 : 33 millions de dollars
Gain annuel 2019 : 93.4 millions de dollars
Gains prévus pour 2020 selon Forbes : 100 millions de dollars
Fortune estimée 2019 : 900 millions de dollars
Contrat 2018 Uniqlo sur 10 ans : 300 millions de dollars
Contrat Rolex par année : 8 millions de dollars
Contrat Barilla par année : 8 millions de dollars
Encore, encore, et encore…
Montagne de fric, boulimie de pésètes
A s’en faire vomir des frites
A s’en faire péter la tête
Cumulez, calculez
Réduisez, comparez
Et vous verrez
Que cet éclat, n’est qu’une obole
Le sou qu’on lance, sans importance
L’habile flair d’un homme d’affaires
Ce sens aigu de l’hyperbole
Image de marque quand tu nous tiens
Inébranlable aux yeux des siens
Existe-t-il, ce milliardaire ?
Parmi tous ceux présents sur Terre
Qui donnera, ce qui est sien
Et non du vent, plutôt que rien

Doigts futiles

Bête issue de la Terre, de ces écrits obscurs, l’ai cherchée incrédule, dès mes premiers instants, de questionnement. Je n’étais qu’un enfant. Comment pouvoir croire, à l’asservissement, des petits et des grands, indigents et puissants, et pourtant. Je la vois désormais, dans les mains, dans les rues dans les trains. Je regarde éperdu, les regards perdus, de robots inconnus. Ce petit instrument, fait de jeux pour enfants, d’illusions de néant, à vaincu cette espèce, les nains et les géants, transformés en vassaux, en zombies sans cerveau, en soumis à la laisse. Je n’arrive pas à croire, ce que voit mon regard. Elimine la bête, telle en Troie elle s’insère, ses atouts de misère, te détruisent la tête. Asphyxie la putain, ne mords pas dans ce verre, illusions et chimères, redeviens un humain.