Les Couleurs du Passé

Insuffler une vie nouvelle à ces images égarées, délaissées, leur permettre d’exister, de renaître à la lumière. Les regards s’étaient effacés, envolés, au gré des vents, illusions d’éternité, réduites à néant, dévorées par le temps.

Lentement, secrètement, les soufflent reprennent, désirs de vie, de renaissance, murmures d’espérance. Prudemment, calmement, les fêlures s’estompent, sensation oubliée, retrouvée, des couleurs du passé.

Les visages se relèvent, les corps osent et s’exposent, les regards nous observent, nous interpellent. Fierté enluminée, assumée, de ces âmes amusées, par leur victoire sur le temps, leur pied de nez à l’existence.

Nouvelle parution

Bonheur maternel
Photographe : Sigmund Bing, Wien
Image originale : 16.1/10.6 cm
Année : 1905


Photo colorisée

Image diffusée le 4.12.2021
Reproduction par scan 1600 ppp
Temps de restauration et de colorisation : environ 30 heures
Imprimable en format jusqu’à 50/70 cm
Tous droits réservés © lescouleursdupassé 2021

Silence d’hiver

Pourraient-elles se taire, ces voix sans parole ? Le monde prêche, blatère, à tort et à travers. Avalanche, roulis de mots, de cris, sans sens, sans atmosphère. Flot continu, écrit, parlé, vociféré, surgit de plumes infécondes, de gorges profondes. Verbe sacrifié aux Dieux des logorrhées, savants et nains, tous s’expriment, des pieds des mains, s’écoutent et s’estiment, se pâment dans le spleen.

Comme une envie de m’évader, de m’écarter, de ce monde upside down. Trop d’histoires sans phares, de tourbillons de vacuité dans lesquels s’engouffrent les foules, avides de vide, boulimiques d’Apocalypse. Désir de me blottir, de me rouler sur moi-même, de retrouver ma lumière, ma vie, mon atmosphère. M’entourer de feuilles mortes, me recouvrir de Terre, tel un loir en hiver, pour ne plus les entendre, écouter le silence et échapper à leurs serres.

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